Prépar’acteur

Mais comment arrivent les pommes de terre dans nos assiettes ?

La chaîne de la pomme de terre est longue, et compte en ses rangs une multitude de professionnels, qui participent tous à leur échelle à la possibilité de retrouver cette fierté nationale au fond de nos assiettes. Penchons-nous sur les métiers de négociants et préparateurs de pommes de terre.

Si le consommateur a pour habitude de trouver ses tubercules préférés directement exploitables derrière les fourneaux, c’est qu’un chaînon essentiel de la filière de la pomme de terre s’y affaire dans l’ombre : le préparateur de pomme de terre.

Directement en contact avec les agriculteurs, le préparateur en pomme de terre fait le lien entre la distribution (petite et grande) et les producteurs. Ces experts du négoce du tubercule jaune connaissent sur le bout des doigts les critères de qualité qui feront de la pomme de terre un produit à la fois agréable à consommer mais aussi à cultiver, conditionner et conserver.

Un ressort essentiel de la commercialisation de la pomme de terre

Les opérations par lesquelles passent les pommes de terre sont légions

Parmi ces critères, citons notamment la lavabilité de la pomme de terre ou sa capacité à ressortir belle et commercialisable après son nettoyage, ou encore son aptitude à la conservation. Les opérations par lesquelles passent les pommes de terre sont légions, et la majorité d’entre elles sont l’œuvre du préparateur. Transports, calibrage, lavage, stockage, conditionnement, emballage, … On le devine, sans même avoir encore transformé le joyau de notre plat pays, les entreprises de préparation ne chôment pas. Et ce n’est pas tout, nombreuses sont celles qui proposent également de modifier une première fois les pommes de terre, fortes de leur expérience dans le domaine, facilitant par là-même le travail de leurs partenaires. C’est le cas notamment de la famille Roels par exemple, historiquement pionnière dans l’épluchage des pommes de terre à Barchon (Liège).

Un impact en aval et en amont

Négocier n’est pas vendre

Plus que de simples intermédiaires, ces spécialistes gardent un œil à la fois sur les exigences des cultures, et sur les exigences des revendeurs. N’étant pas attachés à un seul territoire, quadrillant le terroir tuberculeux, ils ont la possibilité d’avoir une vue d’ensemble sur les différentes caractéristiques qui satisferont l’amont et l’aval de la chaîne de la pomme de terre. Et négocier n’est pas vendre ! Si le vendeur tente de convaincre son interlocuteur de la valeur de ses produits, le négociant aligne ses propres desiderata à ceux de ses clients et fournisseurs, afin de parvenir à une situation où tout un chacun repart gagnant.

L’engagement de ces experts de la qualité et du goût prend place jusque dans les réflexions des chercheurs agricoles wallons, heureux de pouvoir compter sur leur appréciation pour éclairer en partie leur quête d’une pomme de terre plus résiliente.

Une profession en phase avec son époque

Une véritable volonté du secteur à trouver des variétés robustes

Si la culture de pomme de terre est une affaire complexe, la place capitale de cette dernière dans notre alimentation et son rôle salvateur dans la pyramide environnementale et alimentaire (en comparaison avec le riz et les pâtes, féculents phares*) enjoignent encore et toujours les acteurs du territoire à trouver les meilleures adaptations possibles. Et à ce jeu-là, les préparateurs ne sont pas en reste. Ils participent activement à la recherche, proposant, à titre d’illustrations, de nouvelles idées de croisements variétaux.

Il y a, dans les termes de Wim Roels, « une véritable volonté du secteur à trouver des variétés robustes ». La genèse de ces variétés résilientes s’écrit lors des discussions de groupes de travail dédiés aux tubercules, qui sortent ensuite des laboratoires et des champs d’expérimentation, pour finalement rejoindre les sols de nos agriculteurs.

Il est entre autres entendu par « robuste » : naturellement résistante au mildiou, aux écarts de températures et notamment aux sécheresses, et possédant une bonne dormance, qualité qui permet d’éviter d’user de nombreux traitements anti-germinatifs. Mais robuste signifie aussi adaptée à la localité, dans le sillage des innovations modernes. Les groupes de travail – composés des professionnels du secteur, et au sein desquels les préparateurs et négociants cristallisent la voie de l’industrie et des consommateurs, mais aussi celle des producteurs – ne cherchent pas à créer la pomme de terre parfaite, mais la meilleure pomme de terre. La perfection ne peut être absolue, et il n’y a pas d’absolu en agriculture. Tout est question de relation avec les saisons qui passent, semblables sans être identiques.

En effet, chaque année amène son lot de surprises agrométéorologiques, aléas qui mettent au défi la chaîne de la pomme de terre. Tout comme la technologie, les pommes de terre ne cessent d’évoluer avec notre connaissance des constituants de ce monde…

* En effet, la pomme de terre est très riche en glucides complexes, les champions de l’apport en énergie à long terme ; ce carburant qui stimule notre métabolisme, régule la glycémie et donc la sécrétion d’insuline. La pomme de terre cartonne aussi en termes de fibres qui consommées régulièrement favorisent le transit et ont un impact positif dans la prévention des maladies cardiovasculaires et de certains cancers. Et enfin, elle est riche en vitamines dont les fameuses B et C.